L'interdiction de circulation à l'avenue Habib Bourguiba fut levée dimanche 27 Février à minuit. Pourtant le fait même d'y marcher semble ne pas plaire à certains. A 17h l'avenue est presque déserte. Déserte des terrasses de cafés et des restaurants, déserte des jeunes, des promeneurs, des vieux retraités discutant les évènements actuels et dénombrant les trésors dérobés par Leila, déserte des manifestations, activité interdite aux tunisiens depuis 1987. Il a plu toute la journée, il fait froid et les nuages accentuent l'aspect glauque et désolant de la rue. Dans ce triste paysage on peut apercevoir des petits groupes d'individus, tout de noir habillés, jeunes et mal polies, des types qui se disent "de la police" et qu'on aurait plutôt pris pour les casseurs du weekend. Ces "pseudo policiers" , cache col sur la bouche en guise de cagoule, vous arrête et vous demande ce que vous faites. "Je joue à cache-cache pourquoi?". Osez sortir un appareil photo ou un téléphone portable, osez vous insurger contre un contrôle d'identité, osez et préparez-vous à quelques belles paroles remplies de délicatesse, évitez de vous faire arrêter pour une ou deux heures, vous risquerez d'être en retard pour votre rendez-vous ou le métro. Ben Ali, comme ton odeur persiste dans les rues de Tunis, comme elle demeure dans les vêtements et l'haleine de ces chiens affamés et enragés, que tu as appris récemment à porter des cagoules.
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